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Sujet: i felt the cold rain of the coming storm _____ PHOENIX Dim 23 Aoû - 22:29 |
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feat Sunday & Phoenix.
NOT A DAY GOES BY THAT I DON'T FEEL THIS BURN THERE'S A POINT WE PASS FROM WHICH WE CAN'T RETURN I FELT THE COLD RAIN OF THE COMING STORM
Sunday, Bloody sunday... je fredonnais cet air tellement connu tandis que mes pas résonnaient dans l'atmosphère figée de la rue, les mains distraitement étalées le long du corps, comme de longues araignées attendant de déployer leurs membres afin de saisir quelque proie naive. Mon regard clair se porta sur le bâtiment Héphaistos alors que mes pas me ramenaient vers cette université qui était mon nouveau logement, mais pas ma maison. Y exposaient leurs oeuvres artistes et musiciens, dont moi. Si on pouvait, bien entendu, appeler un spectacle une exposition. Et pourquoi pas? C'est avec une assiduité digne du plus fidèle des amants que je me produis dans les amphithéâtres de l'endroit, des spectacles dont les énéfices vont on ne sait où, mais la direction trouve toujours une excuse plausible, alors pourquoi m'en faire? C'est sans bruit que je pénétrai dans l'endroit et, poussant les portes, je constatai avec satisfaction que ma demande avait été remplie. Là, sur scène, trônait le piano que j'utiliserais afin d'enregistrer la musique de mon prochain solo. Je prenais plaisir à effleurer les touches blanches et noires du piano à queue trônant au centre de la scène, faisant découler une mélodie envoûtante qui semblait hypnotiser mon auditoire invisible, les murs et les sièges dont les fantômes des anciens spectateurs soupiraient d'aise... Derrière leurs solides grilles de fer forgé, les fenêtres de la gallerie étaient obscures, et les porte-torches vides. Tout renvoyait à l'abandon, à l'usure dûe au temps qui passe et aux marques que laissent les êtres: là, la cicatrice d'un coup porté au plâtre datant d'il y avait bien longtemps déjà... Mes doigts l'effleurèrent, comme si son contact pouvait me chuchoter son histoire... Je me rapprochai davantage, finissant par m'asseoir face au superbe instrument. Et vous, feriez-vous comme tant d'autres avant vous? Colleriez-vous votre oreille contre les barreaux froids, si froids... froids comme une âme, comme le gouffre... Et alors, vous écouteriez. Détourneriez votre attention, contenteriez-vous de vous concentrer sur les claires notes emplissant l'air poussiéreux de l'endroit. Une simple pièce, interprétée à la perfection, avec une claire dextérité dont personne ne serait capable. Une musique transcendante jusque dans l'âme, une musique à faire frémir, à damner un saint... à bouleverser les fondations mêmes de la création. Si vous vous croyiez invulnérable, entreriez-vous? Pénetreriez-vous ce palais tellement chargé de sang et de gloire, risquer votre visage à travers la toile impalpable des ténèbres, vers les notes cristallines qui jaillissent, exquises, de cet instrument qui semble au premier abord si banal, et dont je tirais ces sons incomparables...
Entreriez-vous, vraiment? Poursuivriez-vous votre périple vers le plus grand danger que vous pourriez possiblement courir? La fascination alors éprouvée vous clouerait peut-être sur place, instillant en vous un doux poison qu'est celui de la beauté ... La lueur rougeoyante tombait sur un piano à queue décoré et sur une femme que les autres avaient appris à écouter et regarder; moi, Sunday Ariane MacDraw... Son maitien était droit, élégant, le torse captivé par la musique, des reflets sombres dans les cheveux, châtoyants... Notre musicienne avait un grand sourire lorsqu'elle acheva le morceau avec autant de talent qu'auparavant. Sourire aux lèvres, je repris une fois de plus la sarabande afin de satisfaire mon seul plaisir, et tandis que la derniere corde finissait de vibrer avant d'abandonner la vaste pièce au silence, le douloureux souvenir d'une chanson oubliée me revint à l'esprit. Réprimant instantanément toute marque sur mon visage ayant pu trahir cette hésitation aussi brève que subtile, j'ouvris enfin les yeux, mon regard clair croisant celui de celui qui était là depuis un moment ; Phoenix Krooswell. J'avais senti sa présence davantage qu'entendu, car, douce et légère, la jeune femme ne faisait pas davantage de bruit qu'une souris en aurait fait. Lentement, ne me pressant pas par un élan de quelconque courtoisie mais néanmoins amusée par sa présence, je me retournai entièrement vers lui, me levant en le dominant ainsi de ma position sur la scène. Petit sourire ironique aux lèvres, je le fixais d'un air tranquille, presque ennuyé, alors qu'à l'intérieur, je me demandais ; what's next, Phoenix? show me. show me the crying lambs inside your head.... Il y avait quelque chose en lui ... quelque chose qui m'agaçait, m'attirant et me repoussant à la fois ... Il était un artiste au même niveau que je l'étais, le seul à comprendre cette errance passionnelle. Amusante et amusée. Embourbée dans une éternelle blague qui existerait et continuerait de me faire rire aussi longtemps que je le voudrais.. Double personnage, chacun représentant une facette de moi, mais ô combien nombreux seraient mes personnages si je devais vraiment toutes les représenter... On ne pouvait nous traiter ensemble, tous ignoraient que nous étions reliés, d'ailleurs, puisqu'étant complètement différents l'une de l'autre... Sunday la Flamboyante cachée et Sunday la Femme Iceberg fatale. Je m'approchai lentement de lui. Il ne me comprenait pas, ne me comprendrait jamais, à l'instar de tous ces gens qui me voyaient. Et je trouvais cela tellement drôle, cette confusion dans ses yeux quand je parlais, cette cruelle hésitation... Ma voix douce mais quelque peu rauque, à l'image du velours, résonna dans la gallerie, alors qu'un vague courant d'air entrait, faisant balancer ses cheveux et relevant les miens contre mon visage pâle, en contraste évident avec ma chemise de soie noire.
« Phoenix Krooswell. Il semblerait que la musique ait des propriétés curatives pour tous... »
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